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Communication dans un congrès

Une critique naturaliste de l'utilitarisme

Résumé : Le mémoire écrit par Jean-Marie Guyau en 1873, L'Histoire et la Critique de la morale utilitaire a été publié en deux parties distinctes, La Morale d'Epicure et ses rapports avec les doctrines contemporaines (1878) et La Morale anglaise contemporaine, morale de l'utilité et de l'évolution (1879, puis 1885 pour la seconde édition). Dans cet ouvrage, une « exposition » des doctrines « utilitaires » mais aussi évolutionnistes en précède la critique : elle manifeste la bonne connaissance que le jeune Guyau a des textes de la bibliothèque utilitariste du XIX e siècle, y compris d'auteurs moins importants que Bentham, Mill ou Sidgwick. Vient ensuite l'examen critique que le philosophe fait subir aux doctrines, examinées l'une après l'autre dans quatre chapitres (la méthode, la fin morale, l'obligation, la sanction). La grande diversité des remarques critiques, dont on ne saurait donner une liste exhaustive ici, peut se ramener en vérité à deux ensembles dont l'intitulé n'étonnera guère le lecteur de l'Esquisse, ce petit traité de morale qui entend notamment dépasser les difficultés de l'utilitarisme. D'une part, Guyau conteste l'exactitude de la psychologie morale utilitariste ; d'autre part, il questionne avec précision les différentes versions de l'éthique normative des philosophes « utilitaires ». 1) La critique de la psychologie morale des utilitaristes porte sur les conceptions benthamiennes et milliennes du plaisir, mais aussi, plus généralement, sur une question que Guyau dit « de méthode », à savoir sur l'approche utilitariste de la nature du désir humain. À l'hédonisme de Jeremy Bentham, le philosophe français oppose les difficultés suivantes : le plaisir, critère du bonheur selon Bentham, ne peut être ni exactement calculé, ni certainement établi, ni universellement défini. Des argumentations précises sont alors consacrées à ces différents points. Comme on le sait, Bentham définit sept propriétés, qui valent comme critères, du plaisir : l'intensité, la durée, la certitude, la proximité, la fécondité, la pureté et l'étendue. Or Guyau estime que ces propriétés sont incommensurables entre elles et que, si elles l'étaient, elles laissent hors du calcul proposé l'espèce propre du plaisir-Guyau prenant pour exemples le plaisir intellectuel et le plaisir esthétique, de sorte que, prise à part, chacune des propriétés serait « équivalente ou inférieure à l'intensité du plaisir de l'ivrognerie », et prises en bloc, elles lui seraient supérieures ; mais, arithmétiquement parlant, nous ne pouvons les prendre en bloc avant de les avoir réduites à une même unité. Nous commettrions une méprise semblable à celle du banquier qui, ayant à faire le total de sommes exprimées en monnaie de différents pays, pour savoir laquelle est la plus forte, oublierait de les réduire à l'unité du franc 1. Le deuxième argument a pour objet ce que le philosophe appelle la certitude du plaisir ; il fait intervenir ici les catégories de la modalité pour manifester l'impossibilité d'une balance entre le proche et le lointain.
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Contributeur : Philippe Saltel <>
Soumis le : dimanche 13 janvier 2019 - 13:34:13
Dernière modification le : vendredi 23 octobre 2020 - 03:33:04
Archivage à long terme le : : dimanche 14 avril 2019 - 12:32:42

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Philippe Saltel. Une critique naturaliste de l'utilitarisme. Jean-Marie Guyau et ses contemporains, Mar 2018, Paris, France. ⟨hal-01979561⟩

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