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Pré-publication, Document de travail

L'éducation artistique a-t-elle des effets moraux ?

Résumé : La question des relations entre le beau et le bien s'inscrit dans le cadre défini de la pédagogie sous certaines conditions historiques : il faut, pour cela, que les apprentissages ne se fassent pas dans les seuls termes d'une transmission de connaissances mais soient conçus comme formateurs d'une personnalité, c'est-à-dire proprement éducatifs-condition de l'idée d'une formation morale et/ou civique de l'élève-; il faut encore que cette institution du sujet adulte ne relève pas d'une seule discipline, comme cela pourrait être conçu dans une pratique d'endoctrinement, mais que toutes les matières étudiées soient censées concourir à la formation globale-en d'autres termes, il faut que l'enseignement dans son ensemble rende tout catéchisme désuet-; il faut enfin que le public de la formation élémentaire ne vive pas dans un monde protégé, où tout peut paraître illusoirement beau et bon à la fois, en bref il faut que le lien de la conduite à la contemplation, de la pratique de la vie sociale à la production et à la consommation de choses apparemment inutiles fasse vraiment problème, un problème qui ne pouvait se présenter pour un public scolaire privilégié. En trois adjectifs, disons les choses : le sens de l'éducation artistique devient une question éducative importante, d'une ampleur nouvelle, dès lors que l'école est républicaine, laïque et obligatoire. Or c'est pour cette école-là que Jean-Marie Guyau, fils d'Augustine Tuilerie (l'auteure du Tour de France de deux enfants, publié en 1877) rédige des manuels de lecture dont la visée est notamment d'éducation morale, dès 1875, puis en 1883 et 1884 ; c'est pour cette école, celle de la loi Duruy (1867), et bien entendu celle des lois Ferry (1881, 1882) et Goblet (1886), qu'il écrit son traité de pédagogie, Éducation et hérédité (publié par A. Fouillée en 1889), orienté contre L'Hérédité psychologique de son ami Théodule Ribot (1873), au bout du compte trop « spencérien », et ce n'est pas sans penser à la formation artistique, enfin, qu'il traite des Problèmes de l'esthétique contemporaine (1884). C'est un professeur de philosophie, ardemment républicain, soucieux des premières années de formation et surtout philosophe moral, qui pose dans ce cadre historique, celui de l'élaboration d'un programme de formation populaire, laïque et républicain, la question du sens éducatif des apprentissages artistiques. Pourquoi donc former des enfants à l'art, quand l'enjeu principal est de leur donner des connaissances utiles et de leur donner les moyens d'être de bons citoyens de la République ? Nous n'en ferons pas, ou ne ferons pas de tous, des artistes : alors, oui, pourquoi une éducation artistique dans une République fière mais déjà amputée de deux de ses départements ?
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Pré-publication, Document de travail
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Contributeur : Philippe Saltel <>
Soumis le : mercredi 6 février 2019 - 17:33:28
Dernière modification le : mercredi 14 octobre 2020 - 04:19:50
Archivage à long terme le : : mardi 7 mai 2019 - 14:56:28

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L'éducation artistique a-t-el...
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Philippe Saltel. L'éducation artistique a-t-elle des effets moraux ?. 2019. ⟨hal-02010023⟩

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