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Communication dans un congrès

Politiques du multilinguisme et traduction : de la « langue mondiale » à la « langue translative mondiale »

Résumé : Marie-Josée de Saint Robert (2010 et 2015) affirme, avec Jean-Marc de La Sablière (2007), que « le multilinguisme est l’équivalent linguistique, culturel, voire “civilisationnel”, du multilatéralisme ». À l’aide d’exemples concrets, l’ancienne chef du service linguistique de l’Office des Nations Unies à Genève montre, par ailleurs, combien la reconnaissance du multilinguisme et sa mise en œuvre pratique exige d’efforts constamment renouvelés dans le cadre de cette institution (De Saint Robert 2010, 2013 ou 2015). À l’image du caractère institutionnellement problématique du multilinguisme dans divers contextes historiques et géographiques (Ost, 2009), le multilinguisme aux Nations Unies semble en effet depuis toujours menacé par « les défenseurs du monolinguisme » (De Saint Robert, 2015), mais aussi par des phénomènes plus sournois conduisant à faire de l’anglais la seule langue de négociation (ibid.) et donc à lui conférer le rôle de langue pivot, voire de langue tierce ou d’interlangue, au point que l’on pourrait se demander jusqu’à quel point le multilinguisme affiché n’est pas un multilinguisme « de façade » (ibid.). Or dans le contexte actuel d’une remise en cause sans précédent du système multilatéral mis en place au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, préoccupation dont témoigne, par exemple, un numéro récent de la revue Foreign Affairs (février 2017) intitulé Out of Order? The Future of the International System, le sort du multilinguisme pourrait apparaître comme plus que jamais compromis. Simultanément, les questions d’environnement, qui constituent un domaine privilégié du multilatéralisme, occupent une place toujours plus centrale dans les négociations internationales, de sorte que l’on pourrait se demander si la chance fragile du multilinguisme ne pourrait pas s’y rejouer à nouveaux frais. C’est dans le cadre de ces réflexions que nous nous proposons d’examiner quelques termes clés des négociations climatiques en nous fondant sur les traductions françaises des Summary for Policymakers du GIEC de 1990 à 2014 et en les confrontant aux données fournies par plusieurs grandes bases de terminologie institutionnelles (notamment METEOTERM, UNTERM, IATE, TERMIUM). Par là même, nous chercherons (i) à montrer comment la traductologie de corpus permet de manifester des problèmes concrets de traduction impliquant des enjeux politiques sous-jacents ; (ii) à expliciter le rôle de la terminologie en tant que « moment poétique de la pensée » (Agamben, 2007) et « compagne de la puissance » (Nebrija, 1492) ; et (iii) à nous interroger sur l’hypothèse d’un « modèle universel » de traduction promu par « la langue translative mondiale » (Berman, 2012) dont la conséquence ne serait pas seulement la « domination linguistique » (Casanova, 2017), mais aussi la domination d’une « manière de traduire ».
Type de document :
Communication dans un congrès
Liste complète des métadonnées

https://hal.univ-grenoble-alpes.fr/hal-01966216
Contributeur : Aurélien Talbot <>
Soumis le : jeudi 27 décembre 2018 - 18:25:02
Dernière modification le : vendredi 10 juillet 2020 - 07:59:00

Identifiants

  • HAL Id : hal-01966216, version 1

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Citation

Aurélien Talbot, Camille Biros, Caroline Rossi. Politiques du multilinguisme et traduction : de la « langue mondiale » à la « langue translative mondiale ». Traduire, un engagement politique ?, Centre d'études de la traduction, Université Paris Diderot, Nov 2018, Paris, France. ⟨hal-01966216⟩

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