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Communication dans un congrès

Emmanuel Hocquard, « une langue de traduction en poésie »

Résumé : Emmanuel Hocquard a beaucoup traduit, le plus souvent en collaboration (avec d’autres écrivains-traducteurs ou avec les auteurs des textes traduits) et, plus rarement, seul. Il est polytraducteur, ayant traduit principalement de l’anglo-américain, mais aussi du latin, de l’espagnol et du portugais. Plus encore, les activités autour de la traduction l’ont beaucoup occupé, dans le cadre d’un travail d’édition (Orange Export Ltd, 1969-1986), de l’organisation de lectures de poésie (Musée d’art moderne de la Ville de Paris, 1977-1991) ou de séminaires de traduction collective (Royaumont, 1985-2000), et de la fondation d’une association (Un bureau sur l’Atlantique, 1989). Or s’il est vrai que les figures de poètes traducteurs sont nombreuses en Europe au XXe siècle, comme le rappelle notamment Christine Lombez (2016), rares sont ceux qui ont autant théorisé cette activité au point d’en faire un élément pivot de leur écriture. À cet égard, le geste d’Emmanuel Hocquard (qui cite ses traductions dans la liste des livres « du même auteur ») est tout à fait singulier et ne peut que très marginalement être reconduit à ceux, tutélaires, de Baudelaire ou de Mallarmé. Il s’agit en effet non seulement pour lui de « savoir si la lecture […] de ce qu’écrivent des Américains peut nous stimuler et nous aider à écrire ce que nous écrivons » (Hocquard, 1991, p. 15), non seulement de faire en sorte que la « surface au sol » de la « littérature française d’aujourd’hui » « gagne en zones inexplorées » (2001, p. 403), mais aussi de dégager un rapport à la langue qui passe par la copie, la répétition, la littéralité et la mise au jour d’énoncés, lesquels sont l’objet de sa recherche poétique (Hocquard, 2007, p. 181-184). Ainsi peut-il écrire « je suis sûr que la traduction a beaucoup à voir avec les énoncés » (Hocquard, 2001, p. 411) ou encore « tous mes livres sont à prendre comme des copies. Je suis le copieur de mes livres » (ibid., p. 484). En nous fondant sur les recherches d’Abigail Lang (2008 et 2016) qui établissent les circonstances dans lesquelles les traductions d’Emmanuel Hocquard ont vu le jour, nous voudrions proposer une « critique productive » de ces traductions, selon la méthode élaborée par Antoine Berman (1995), en cherchant ainsi à en faire ressortir le projet et l’horizon ainsi qu’en les analysant. Puis, dans un deuxième temps, nous souhaiterions évaluer si cette activité contribue effectivement à étayer certaines déclarations d’Emmanuel Hocquard (2007) concernant l’autorité et la re-présentation (l’idée de livre comme « théâtre du langage » et non plus « théâtre du monde »).
Type de document :
Communication dans un congrès
Liste complète des métadonnées

https://hal.univ-grenoble-alpes.fr/hal-01966191
Contributeur : Aurélien Talbot <>
Soumis le : jeudi 27 décembre 2018 - 17:59:13
Dernière modification le : vendredi 10 juillet 2020 - 07:59:00

Identifiants

  • HAL Id : hal-01966191, version 1

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Citation

Aurélien Talbot. Emmanuel Hocquard, « une langue de traduction en poésie ». L’écrivain-traducteur : ethos et style d’un co-auteur, Nov 2017, Grenoble, France. ⟨hal-01966191⟩

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