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Communication dans un congrès

La métaphore de la copia traductive chez Antoine Berman : la tâche du traducteur à l’époque de la reproductibilité technique

Résumé : Le réseau lexical formé par les mots copia-copie-copieur-copiste parcourt les textes d’A. Berman et se retrouve dans de nombreux passages importants de son œuvre, depuis l’article de 1986 consacré à « L’essence platonicienne de la traduction » (Berman, 1986, p. 72) jusqu’à l’ouvrage Pour une critique des traductions : John Donne (Berman, 1995, p. 97) en passant par le séminaire sur « La tâche du traducteur » de Walter Benjamin (Berman, 2008, p. 112). Un chapitre complet de son ouvrage sur Jacques Amyot (Berman, 2012, p. 182-193) est même consacré à la notion de copia (« La copia ou le principe d’abondance en traduction »). Par ailleurs, ce dernier livre comporte également, on le sait, un chapitre sur les métaphores du traducteur intitulé, pour sa part, « Le traducteur dans les filets de la métaphore » (ibid., p. 96-121) où la thématique de la copie est brièvement abordée (ibid., p. 108-109). Après y avoir affirmé que « la traduction est structurellement liée à des métaphores et à la métaphore en général » (ibid., p. 99), A. Berman se demande s’il existe une métaphore qui puisse dire la vérité du traducteur avant d’ajouter : « une telle question a-t-elle un sens ? » (ibid., p. 100). Or il est possible d’interroger la place dans l’œuvre d’A. Berman de la chaîne lexicale de la copia : n’assume-t-elle pas un rôle de métaphore pivot ou fondamentale de la traduction et du traducteur, dans la mesure où il ne cesse de la retrouver selon diverses facettes (la copia comme amplificatio ou Erweiterung, comme développement ou manifestation, comme régime spécifique de la mimésis) ? Le caractère central de cette métaphore est peut-être lié au fait qu’elle contient la possibilité même de déjouer la métaphore dans l’expérience tautologique d’une pure répétition, fonctionnant de la sorte comme un paradoxe relançant sans cesse la réflexion. Mais l’une des questions soulevées par ce réseau métaphorique reste largement ouverte dans le texte de Berman, à savoir celle de la relation entre la traduction et la mimésis à l’époque de la reproductibilité technique. Il peut ainsi écrire que « les interrogations de Benjamin sur l’œuvre d’art et sa reproduction (sa reproduisibilité) ont un rapport étroit – même sur un plan autre – avec son interrogation sur l’original et sa traduction » (Berman, 2008, p. 104). C’est alors qu’il invite à relire « La tâche du traducteur » à la lumière des « textes ultérieurs de Benjamin sur la reproduction de l’œuvre d’art, le cinéma ou la photographie » (ibid.), programme qu’Emily Apter (2015, p. 327) résume d’une formule synthétique : « La Tâche du traducteur à l’époque de la reproductibilité technique ». Ce programme, nous semble-t-il, est d’autant plus pertinent à l’heure où les progrès de la traduction automatique et, plus largement, des technologies de la traduction, sont considérables et engagent à repenser l’activité de la traduction. Cette communication vise ainsi tout d’abord à mettre au jour le réseau métaphorique de la copia dans l’œuvre d’Antoine Berman pour en montrer la spécificité avant d’examiner comment notre époque « de la reproductibilité technique » offre la possibilité de reconsidérer la relation entre traduction et mimésis.
Type de document :
Communication dans un congrès
Liste complète des métadonnées

https://hal.univ-grenoble-alpes.fr/hal-01966184
Contributeur : Aurélien Talbot <>
Soumis le : jeudi 27 décembre 2018 - 17:37:45
Dernière modification le : vendredi 10 juillet 2020 - 07:59:00

Identifiants

  • HAL Id : hal-01966184, version 1

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Citation

Aurélien Talbot. La métaphore de la copia traductive chez Antoine Berman : la tâche du traducteur à l’époque de la reproductibilité technique. Les métaphores de la traduction, François Géal et Touriya Fili-Tullon, Oct 2017, Lyon, France. ⟨hal-01966184⟩

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